CHAPITRE 111. 2 7
surpris provoquant le peuple à la révolte. Cequi alarma, c’est qu’on découvrit qu’il étaitd’une secte d’illuminés allemands , qu’onnomme martinistes , association d’indépen-dants superstitieux. Son audace ne s’était pasdémentie dans les fers. On crut un instantqne l’esprit d’égalité avait pénétré en Russie .Toutefois, il n’avoua pas de complices.
Dans ce dernier instant, son père seul ac-courut. On s’attendait àle voir intercéder pourson fds ; mais c’est sa mort qu’il demande. Legouverneur lui accorda quelques instants pourlui parler encore et le bénir. « Moi ? bénir unu traître ! » s’écrie le Russe furieux , et, dansl’instant il se tourne vers son fds , et., d’une' voix et. d’un geste horrible , il le maudit.
Ce fut le signal de l’exécution. On abattitd'un coup de sabre mal assuré ce malheureux.11 tomba, mais seulement blessé, et peut-être• l’arrivée des Français l’aurait-elle sauvé , si lepeuple ne s’était pas aperçu qu’il vivaitencore.Ces furieux forcèrent les barrières , se jetèrentsur lui, et le déchirèrent en lambeaux.
Cependant, le Français demeurait glacé de^ terreur, quand Rostopscliine, se tournantvers lui : <c Pour toi, dit-il, comme Français ,» tu devais désirer l’arrivée des Fi'ancais; sois« donc libre, mais va dire aux tiens que la» Russie n’a eu qu’un seul traître , et qu’il est» puni. » Alors, s’adressant aux misérables^ qui l’environnent, il les appelle enfants de la
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