CHAPITRE VI. 43
Irent ardents à saisir cette nouvelle direc-tion.
A cette vue , un grand soupçon s’emparede leur esprit. Les Moscovites , connaissantnotre téméraire et négligente insouciance ,auraient-ils conçu l’espoir de brûler avecMoscou , nos soldats ivres de vin , de fatigueet de sommeil ; ou plutôt ont-ils osé croirequ'ils envelopperaient Napoléon dans cettecatastrophe ; que la perte de cet homme va-lait bien celle de leur capitale; que c’était unassez grand résultat pour y sacrifier Moscou tout entière : que peut-être le ciel , pourleur accorder une aussi grande victoire , vou-lait un aussi grand sacrifice ; et qu’enfin ilfallait à cet immense colosse un aussi immensebûcher.
' On ne sait s’ils eurent cette pensée , maisil fallut l’étoile de l’empereur pour qu’ellene se réalisât pas En effet , non-seulementle Kremlin renfermait , à notre insu , unmagasin à pondre , mais , cette nuit-là même,les gardes, endormies et placées négligem-ment , avaient laissé tout un parc d’artillerieentrer et s’établir sous les fenêtres de Na poléon ,
C’était l’instant où ces flammes furieusesétaient dardées de toutes parts , et avec leplus de violence , sur le Kremlin ; car le vent,sans doute attiré par cette grande combus-tion , augmentait à chaque instant d’im-