62 LIVRE VIII.
commandement tout soit l’entré dans l’ordre.
Quelques écrivains , et des Français mêmes,ont fouillé ces décombres, pour y trouver lestraces de quelques excès qui purent y êtrecommis. Il y en eut peu. La plupart des nôtresse montrèrent généreux pour le petit nombred’habitants et le grand nombre d'ennemisqu’ils rencontrèrent. Mais qu’il y ait eu, dansles premiers moments , quelque emportementdans le pillage, cela doit-il étonner d’une ar-mée exaspérée par de si grands besoins, sisouffrante , et composée de tant de nations?
Depuis, comme il arrive toujours, l’infor-tune ayant écrasé ces guerriers, des reprochess’élevèrent. Eh ! qui ne sait que de pareils dés-ordres ont toujours été le mauvais côté desgrandes guerres, la partie honteuse de lagloire ; que la renommée des conquérantsporte son ombre comme toutes les choses dece monde! Existe-t-il Un être, si petit qu’ilsoit, que le soleil, dans son immensité, puisseéclairer à la fois de tous côtés? C’est donc uneloi de la nature, que les grands corps aientde grandes ombres.
Au reste, on s’est trop étonné des vertuscomme des vices de cette armée. C’était lesvertus d’alors , les vices du temps, et par celamême les unes furent moins louables, et lesautres moins blâmables , en ce qu’ils étaient,pour ainsi dire , commandés par l’exemple etles circonstances. C’est, ainsi que tout est re-