8o LIVRE VIII.
tre eux que l’appât du gain avait attirés dansnos camps avec quelques vivres. D’autres met-taient le feu à leurs propres villages , pouren chasser nos fourrageurs , et les livrer auxCosaks , qu’ils avaient d’abord appelés, etqui nous y tenaient assiégés.
Ce furent encore des paysans qui prirentVéréia , ville voisine de Moscou . Un de leursprêtres conçut , dit-on , le projet de ce coupde main , et l’exécuta. 11 arma des habitants ,obtint quelques troupes de Kutusof, puis, leio octobre, avant le jour, il fit donner,d’une part , le signal d’une fausse attaque ,quand , de l’autre , lui-même se précipitaitsur nos palissades. Il les détruisit, pénétradans la ville, et en fit égorger toute la garnison.
Ainsi la guerre était partout , devant , surnos flancs , derrière nous ; l’armée s’affai-blissait ; l’ennemi devenait chaque jour plusentreprenant. Il en allait être de cette con-quête comme de tant d’autres , qui se fonten masse , et se perdent en détail.
Murat lui-même s’inquiète enfin. Il a vudans ces affaires journalières se fondre la moi-tié du reste de sa cavalerie. Aux avant-postes ,dans leurs rencontres avec les nôtres , lesofficiers russes , soit fatigue , vanité , oufranchise militaire poussée jusqu’à l’indis-crétion , se sont récriés sur les malheurs quinous menacent. Ils nous montrent « ces che-» vaux d'un aspect encore sauvage , à peine