CHAPITRE XI. g3
de sa gloire, sans doute, il pressent que deson premier mouvement rétrograde datera sadécroissance, que c’est pourquoi il demeureimmobile, s’attachant et se retenant encoreQuelques instants sur ce sommet.
Cependant Kutusof gagnait le temps quenous perdions. Ses lettres à Alexandre mon-traient « son armée au sein de l’abondance ;" ses recrues arrivant de toutes parts et s’exer-* çant ; ses blessés se rétablissant au sein de" leurs familles; tous les paysans sur pied; les“ uns en armes, les autres en observation sur" le sommet des clochers, ou dans nos camps.» se glissant même dans nos demeures, et jus-» que dans le Kremlin . Chaque jour, Rostop-» schine reçoit d’eux un rapport de Moscou ,>i comme avant la conquête. S’ils deviennent>< nos guides , c’est pour nous livrer. Ses par-x tisans lui amènent journellement plusieursx centaines de prisonniers. Tout concourt àx détruire l’armée ennemie et à augmenter lax sienne. Tout le sert, tout nous trahit ; en-x fin , la campagne , finie pour nous, va com-x mencer pour eux. »
Kutusof ne néglige aucun avantage. Il faitretentir l’écho du canon des Aropyles jusquedans ses camps. « Les Français , dit-il , sontx chassés de Madrid . Le bras du Tout-Puissant” s'appesantit sur Napoléon . Moscou sera sax prison , son tombeau et celui de sa grande-" armée. On va prendre la France en Russie ! »