Band 
Tome second.
Seite
94
JPEG-Download
 

g4 LIVRE VIII.

C’est ainsi que le général russe parlait auxsiens et à son empereur , et pourtant il fei-gnait encore avec Murat. A la fois fier et rusé,il savait préparer avec lenteur une guerretout-à-coup impétueuse, et envelopper de for-mes caressantes , et de paroles mielleuses , leprojet le plus funeste.

Enfin, après plusieurs jours d’illusion , lecharme se dissipe. Un Cosak achève de le rom-pre. Ce barbare a tiré sur Murat au momentoù ce prince venait se montrer aux avant-pos-tes. Murat s’irrite ; il déclare à Miloradowitchqu’un armistice sans cesse violé n’existe plus,et que désormais chacun ne doit plus avoirconfiance qu’en lui-même.

En même temps , il fait avertir l’empereurqu’à sa gauche , un terrain couvert peut favo-riser des surprises contre son flanc et ses der-rières ; que sa première ligne , adossée à unravin y peut être précipitée; qu’enfîn la posi-tion qu’il occupe en avant d’un défilé est dan-gereuse et nécessite un mouvementrétrograde.Mais Napoléon n’y peut consentir, quoiqued'abord il eût indiqué Woronowo comme uneposition plus sûre. Dans cette guerre, encoreà ses yeux plutôt politique que militaire , ilcraignait surtout de paraître fléchir. 11 préfé-rait tout risquer.

Toutefois, le i5 octobre, Lauriston estrenvoyé vers Murat pour examiner la positionde l’avant-garde. Quant à l’empereur, soit té-