CHAPITRE II. 107
>> déjàune nuée de tirailleurs russes disputaient» ses rives, h
Derrière eux, et du haut des escarpementsdelà ville, leur avant-garde plongeait ses feuxsur Delzons ; au-delà, sur la plaine haute,toute l’armée de Kutusof accouroit, en deuxlongues et noires colonnes , par les deux rou-tes de Lectazowo. On les voyait se prolongeret se retrancher sur cette pente rase, d’unedemi-lieue de rayon , d’où elles dominaient etet embrassaient tout par leur nombre et leurposition : déjà même elles s’établissaient entravers de cette vieille route de Kalougha, li-bre hier, et que nous étions maîtres d'occuper et de parcourir, mais que désormais Ku-tusof pourra défendre pied à pied.
En même temps, l’artillerie ennemie a pro-fité des hauteurs qui, de son côté, bordentla rivière, ses feux traversent le fond du re-pli dans lequel Delzons et ses troupes sontengagés. La position était intenable, et toutehésitation funeste. Il fallait en sortir, ou parUne prompte retraite , ou par une attaque im-pétueuse , mais c’était devant nous qu’était no-tre retraite, et le vice-roi a ordonné l’attaque.
Après avoir franchi la Louja sur un pontétroit, la grande route de Kalougha entre dansMalo-Iaroslavetz, en suivant le fond d'un ra-vin qui monte dans la ville. Les Russes rem-plissaient en masse ce chemin creux : Delzons et ses Français s’y enfoncent tête baissée, les