t*4 LIVRE IX.
car il sacrifiait peu à l’agréable ; qu’enûn,il fallait avoir été plus que le témoin de tantde victoires; etl’empereur fatigué s’habituait àregarder par des yeux qu’il croyaitavoir formés.
Il venait d’envoyer ce maréchal pour exa-miner l’attitude des ennemis. Bessières a obéi ;il a soigneusement parcouru le front de la po-sition des Russes : « Elle est, dit-il, inatta-» quable ! — O ciel ! s’écrie l’empereur en» joignant les mains, avez-vous bien vu ! est-il« bien vrai ! m’en répondez-vous ! » Bessières» répète son assertion : il affirme « que trois» cênts grenadiers suffiraient là pour arrêterh une armée. » On vit alors Napoléon croiserses bras d’un air consterné , baisser la tête, etl'ester comme enseveli dans les plus tristesréflexions. « Son armée est victorieuse et lui» vaincu. Sa route est coupée ; sa manœuvre» déjouée: Kutusof, un vieillard, un Scythe ,» l’a prévenu! Et il ne peut accuser son étoile.» Le soleil de France ne semble-t-il pas l’avoir» suivi en Russie ! Hier encore la route den Malo-Iaroslavetz n’était-elle pas libre ? Sa» fortune ne lui a donc pas manqué , est-ce» lui qui a manqué à sa fortune ? »
Perdu dans cet abîme de pensées désolan-tes, il tombe dans une si grande contentiond’esprit, qu’aucun de ceux qui l’approchentn’en peut tirer une parole. A peine , à forceal’importunités , parvient-on à obtenir de luiun signe de tête. Il veut enfin prendre quelque