CHAPITRE IV. ug
éloquence! Ses formes prononcées, ses ruinestoutes sanglantes ; les rues , dont on ne re-connaissait plus la trace qu’à la longue traînéede morts et de têtes écrasées par les roues descanons ; des Messes , qu’on apercevait encoresortant des décombres, et se traînant avec leursliabits , leurs cheveux , et leurs membres àdemi consumés , en poussant des cris lamen-tables ; enfin le bruit lugubre des tristes etderniers honneurs que les grenadiers ren-daient aux restes de leurs colonels et de leursgénéraux tués ; tout attestait le choc le plusacharné. L’empereur , dit-on , n’y vit que dela gloire - } il s’écria «que l’honneur d’une si belle» journée appartenait tout entier au prince» Eugène ; » mais , déjà saisi d’une funesteimpression , ce spectacle l’augmenta. Il s’a-vança ensuite dans la plaine haute.
CHAPITRE IV.
Mes compagnons, vous le rappelez-vous ,ce champ funeste , où s’arrêta la conquête dumonde , où vingt ans de victoires vinrentéchouer, où commença le grand écroulementde notre fortune? Vous représentez-vous en-core cette ville bouleversée et sanglante , ces