CHAPITRE IV. ia5
Immérité repoussée , il s’étonne « qu’on ose8 proposer à l’empereur une si grande impru-8 dence. Davout a-t-il juré la perte de l’ar-8 mée? yeut-il qu’une si longue et si lourde8 colonne aille se traîner sans guides et incer-
* taine sur une route inconnue, à portée de8 Kutusof, offrant son flanc à tous les coups» de l’ennemi ? Sera-ce lui, Davout , qui la
* défendra? Pourquoi, quand derrière nous8 Borowsk et Véréia nous conduisent sans“ danger à Mojaïsk , refuser cette voie de sa-8 lut ? Là , des vivres doivent avoir été ras-8 semblés, tout nous y est connu , aucun traî-11 tre ne nous égarera. »
A ces mots, Davout , tout brillant d’une co-lère qu’il concentre avec effort, répond « qü’il8 propose une retraite à travers un sol fertile,8 sur une route vierge, nourricière, grasse,8 intacte, dans des villages encore debout, et8 par le chemin le plus court, afin que l’en-8 uemi ne s’en serve pas pour nous couper la8 route de Mojaïsk à Smolensk , celle que dé-8 signe Murat. Et quelle route ! un désert de11 sable et de cendres , où des convois de bles-8 ses s'ajouteront à nos embarras, où nous ne8 trouverons que des débris, des traces de8 sang, des squelettes, et la famine !
» Qu’au reste, il doit son avis quand on lé“ lui demande ; qu’il obéira à l’ordre qui lui8 sera contraire avec le même zèle qu’il exé-8 cuterait celui qu’il aurait inspiré ; mais que