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famine et la grande armée russe , en séparaient
Dans Smolensk , on ne faisait que soupçon-ner le danger de Minsk ; mais des officiers,présents à la perte de Polotsk , en racontaientles détails ; on se pressait autour d’eux.
Depuis le combat du 18 août, celui qui fitSaint-Cyr maréchal, ce général était resté surla rive russe de la Diina , maître de Polotsk etd’un camp retranché en avant de ses murs. Cecamp montrait avec quelle facilité toute l’ar-mée eût pu hiverner sur les frontières lithua-niennes. Ses baraques , construites par nossoldats , étaient plus spacieuses que les mai-sons des paysans russes , et aussi chaudes ; c’é-taient de beaux villages militaires bien retran-chés, et à l’abri de l’hiver comme de l’ennemi.
Depuis deux mois , les deux armées ne s’é-taient fait qu’une guerre de partisans. Son but,pour les Français , était de s’étendre dans lepays , pour y chercher des vivres ; celui desRusses , de les leur arracher. Cette petiteguerre avait été tout à l’avantage des Russes ,les nôtres ignorant le pays , sa langue, jus-qu’aux noms des lieux où ils s aventuraient,enfin étant sans cesse trahis par les habitantset même par leurs guides.
Ces échecs , la faim et les maladies , avaientdiminué de moitié les forces de Saint-Cyr>tandis que des recrues avaient doublé cellesde Wittgenstcin. Vers le milieu d’octobre,