CHAPITRE II. 21Ô
Cette faible réorganisation, la distributiond’une partie des vivres, le pillage du reste, lerepos que prirent l’empereur et sa garde , ladestruction d’une partie de l’artillerie et desbagages, enfin l’expédition de beaucoup d’or-dres , furent à peu près tout le fruit qu’on re-tira de ce funeste séjour. Du veste tout le malprévu arriva. On ne rallia quelques centainesd’hommes que pour un instant. L’explosiondes mines fit à peine sauter quelques pans demurailles, et ne servit au dernier jour, qu’àchasser hors de la ville les traîneurs qu’onn’avait pas pu mettre en mouvement.
Des hommes découragés , des femmes , etplusieurs milliers de malades et de blessés fu-rent abandonnés , et à l’instant où le désastred’Augereau près d’Elnia faisait trop voir queKutusof, poursuivant à son tour, ne s’atta-chait pas exclusivement à la grande route ;que de Viazma il marchait directement, parElnia, sur Krasnoé ; lorsqu’enfin on aurait dùprévoir qu’on allait avoir à se faire jour autravers de l’armée russe, ce fut le i 4 novem-bre seulement que la grande-armée ou plutôttrente-six mille combattants, commencèrents’ébranler.
La vieille et la jeune garde n’avaient plus"dors que neuf à dix mille baïonnettes et deuxùiille cavaliers ; Davout et le premier corps ,huit à neuf mille; Ney et le troisième corps ,c biq à six mille; le prince Eugène et l'armée