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Tome second.
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CHAPITRE 1. 35 9

Mais depuis Malodeczno et le départ deNapoléon , quand l’hiver tout entier , redou-blant de rigueur , attaqua chacun de nous ,toutes ces associations contre le malheur serompirent; ce ne fut plus qu’une multitudede luttes isolées et individuelles. Les meil-leurs ne se respectèrent plus eux-mêmes; rienn’arrèta : les regards ne retinrent plus ; lemalheur fut sans espoir de secours , ni mêmede regret ; le découragement n'eut plus dejuges , pas même de témoins : tous étaientvictimes.

Dès lors , plus de fraternité d’armes , plusde société , aucun lien , l’excès des maux avaitabruti. La faim , la dévorante faim avait ré-duit ces malheureux à cet instinct brutal deconservation , seul esprit des animaux lesplus farouches , et qui est prêt à se tout sa-crifier : une nature âpre et barbare semblaitleur avoir communiqué sa fureur. Tels quedes sauvages , les plus forts dépouillaient lesplus faibles : ils accouraient autour des mou-rants , souvent ils n’attendaient pas leurs der-niers soupirs. Lorsqu’un cheval tombait, vouseussiez cru voir une meute affamée ; ils l’en-vironnaient,, ils le déchiraient par lambeaux,qu ils se disputaient entre eux comme deschiens dévorants. ,

Toutefois,' le plus grand nombre conservaassez de force morale pour chercher son salutsans nuire , mais c’était là le dernier effort de