CHAPITRE III. 377
mais courte, avait à peine été remarquée.Dans une retraite régulière, elle eût offertune lionne position pour se retourner etarrêter l’ennemi; mais dans une fuite déré-glée, où tout ce qui pourrait servir nuit, où,dans sa précipitation , dans son désordre, ontourne tout contre soi-même , cette colline etson défdé devinrent un obstacle insurmon-table , un mur de glace contre lequel tous nosefforts se brisèrent. Il retint tout, bagages,trésor, blessés. Le mal fut assez grand pourque, dans cette longue suite de désastres , ilfit époque.
Et en effet., argent, honneur, reste de dis-cipline et de force , tout acheva de s’y perdre.Après quinze heures d’efforts inutiles , quandles conducteurs et les soldats d’escorte virentle roi et toute la colonne des fuyards les dé-passer par les flancs de la montagne ; lorsque,tournant les yeux vers le bruit du canon etde la fusillade, qui se rapprochait d’eux àchaque instant, ils aperçurent Ney lui-même ,se retirant avec trois mille hommes , restes ducorps de de Wrede et de la division Loison ;quand , enfin , reportant leurs regards sureux-mêmes, ils virent la montagne toute cou-verte de chariots et de canons brisés ou culbu-tés , d’hommes et de chevaux renversés et ex-pirant les uns sur les autres , alors ils ne songè-rent plus à rien sauver, mais à prévenir l’aviditéde leurs ennemis, en se pillant eux-mêmes.
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