38a LIVRE XII.
Lee , que ces prisonniers marchèrent un moisentier au milieu d’elle sans en être reconnus.Les cent vingt mille hommes de Kutusof étaientalors réduits à trente-cinq mille.
Des cinquante mille Russes de Wittgenstein,il en restait à peine quinze mille. Wilson as-sure que sur un renfort de dix mille hom-mes , partis de l'intérieur de la Russie avectoutes les précautions qu’ils savent prendrecontre l’hiver, il n’en arriva à Vilna que dix-sept cents. Mais une tête de colonne suffisait con-tre nos soldats désarmés. Ney chercha vai-nement à en rallier quelques - uns , et lui ,qui jusque-là avait commandé presque seul àla déroute , fut obligé de la suivre.
Il arriva avec elle à Kowno . C’était la der-nière ville de l’empire russe . Enfin, le i5décembre , après avoir marché quarante - sixjours sous un joug terrible , on revoyait uneterre amie. Aussitôt, sans s’arrêter, sans re-garder derrière eux , la plupart s’enfoncèrentet se dispersèrent dans les forêts de la Prussepolonaise. Mais il y en eut qui, parvenus sur larive alliée, se retournèrent. Là, jetant undernier regard sur cette terre de douleur d’oùils s’échappaient, quand ils se virent à cettemême place d’où, cinq mois plus tôt, leursinnombrables aigles s’étaient élancées victo-rieuses , ou dit que des larmes coulèrent deleurs yeux et qu’il y eut des cris de douleur.
« C’était donc là cette rive qu’ils avaient