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CHAPITRE IY. 387
Vient soldat, et, lui cinquième , il fait face àdes milliers de Russes . Son audace les ar-rêta ; elle fit rougir quelques artilleurs, quiimitèrent leur maréchal ; elle donna à l’aide-de-camp Heymès et au général Gérard le tempsde ramasser trente soldats, de faire avancer'deux à trois pièces légères, et aux générauxLedru et Marchand, celui de réunir le seulbataillon qui restait.
Mais en ce moment éclate , au-delà du Nié-men et vers le pont de Kowno , la secondeattaque des Russes ; il était deux heures etdemie. Ney envoie Ledru, Marchand et leursquatre cents hommes pour reprendre et assu-rer ce passage. Pour lui, sans lâcher prise,sans s'inquiéter davantage de ce qui se préparederrière lui, il combat à la tête de trentehommes , et se maintient jusqu'à la nuit à laporte qui ouvre vers Vilna . Alors il traverseKovrno et le Niémen toujours en combattant,reculant et ne fuyant pas , marchant aprèstous les autres, soutenant jusqu’au derniermoment l’honneur de nos armes, et pour lacentième fois, depuis quarante jours et qua-rante nuits, sacrifiant sa vie et sa liberté poursauver quelques Français de plus. 11 sort enfinle dernier de la grande-armée de cette fataleRussie , montrant au monde l’impuissance dela fortune contre les grands courages , et quepour les héros tout tourne en gloire, mêmeles plus grands désastres.
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