jdv AVERTISSEMENT
génération, un nombre à peu près égal d'enfantsde l’un et de l’autre sexe , et dans une proportionconstante des sots et des gens d’esprit, des hommesrobustes ou cacochirnes, des femmes belles ou laides;mais elle ne met pas toujours les talents ou la beautéen évidence. Il y eut des temps où la cour n’avait pasune belle femme ; la nature avait caché la beauté dansdes cabanes : il en est ainsi du génie, il faut le cher-cher.
L’émulation, la considération, et je ne sais quelaccueil flatteur dans la société ramèneraient au genrenoble les esprits et le goût du public, qui semble s’enéloigner de plus en plus.
L’assemblée des auteurs offrait plusieurs avan-tages qui pouvaient concourir à le ranimer. Leursconférences, comme celles des autres Académies , au-raient prévenu bien des inconvénients, appaisé biendes divisions ; on se respecte plus soi-même quand onveut iaire respecter son corps, et qu’on ne veut pointrougir devant ses collègues. L’estime de tous, né-cessaire à chacun, eût réveillé les talents qui lan-guissent dans l’isolement; elle leur eût donné plusde considération, et en eût donné aux comédiens ,dont ils eussent vanté plus solennellement les talentset distingué ceux d’entre eux qui, joignant des ver-tus personnelles aux dons de la nature, se seraientmontrés des hommes estimables. C’était un moyendoux de mille rapprochements précieux, et dont ilne pouvait résulter aucun mal. Jamais les Acadé-