Les Bretons n*avoìent, comme tant d’autres peuples, pourîiistoire de leur origine, de leurs coutumes & de leur reli-gion, qu’une tradition obscure & incertaine, sans usage deslettres & des caractères. Tout ce qui précédé l’arrivée de Césarest fabuleux, & leur histoire ne commence en quelque sortequ’à la premiere époque de leur servitude. L’opinion géné-rale est qu’ils portoient alors le nom de Cumri , & qu’ils durentleur origine aux Celtes & aux Gaulois, d’après leur con-formité de mœurs, de langage , de figure & de religion,
• Plus grands, mais moins robustes que les Gaulois, ils habi-, toient comme eux des cabanes grollieres de branchages, cou*
• vertes de chaume, & menoient dans toute fa simplicité la
• vie champêtre. Leurs richesses étoient de grands troupeaux
• errants, dont la chair & le lait les nourrissaient, avec le« gibier de leur chasse. Leur religion leur défendoit de man-
• ger ni poisson ni volaille. Ils laissoient leurs cheveux flot-. ter fur leurs épaules , mais ils se rasoient tout le visage,
• excepté la lèvre supérieure. Endurcis à la fatigue & aux inju*» res de Pair, leurs seuls habillemens étoient quelques peaux, qu’ils ajustoient fur leur corps assez négligemment, moins
• pour se garantir du froid, que pour ne pas choquer les
• étrangers avec qui ils trafiquoient des cuirs & suifs de leurs« troupeaux. La plupart étoient totalement nuds. Ils se pei-, gnoient le corps de pastel pour se rendre plus terribles à leurs-, ennemis ; des anneaux de cuivre ou de fer d’un poids déter-« miné leur servoient de monnoie. Plus grossiers & plus fau--, vages encore dans leurs amours, l’inceste étoit passé en coît»
tume parmi eux: ils habitoient indifféremment avec toutes4 les femmes, mais on adjugeoit les enfans à celui qui avoit eu4 les prémices de la mère. A certains jours plusieurs familles se4 réunissoient dans une même cabane, & là les femmes de-« venaient un bien commun, même entre les fières », Ce*