Band 
Tome I.
Seite
3
JPEG-Download
 

( 3 )

usage barbare subsista longtems parmi eux & s’y conserva encoresous les yeux mêmes des Romains devenus leurs maîtres.Julie, femme de l’Empereur Sévere, reprochant un jour à uneDame Bretonne une si étrange coutume, celle-ci lui répon-dit: «« il est vrai; les Bretonnes pratiquent aux yeux de tout» le monde & avec des hommes choisis, ce que les Romaines»> pratiquent en secret avec leurs affranchis ou leurs esclaves. »

La Nation Bretonne étoit divisée en trois classes; les Drui-des qui tenoient toute la Juridiction civile & religieuse, lesNobles ou Chevaliers qui commandoient dans les Armées, &les Plébéiens qui n’avoient aucune part au Gouvernement.Us vivoient en tribus séparées, fous une espèce d’Aristocratie,soumis, comme les Gaulois, à une foule de petits Princes,dans une indépendance réciproque les uns des autres. Mais ungrand péril les unissoit; ils formoient alors comme une feulepuissance fous Pespèce de Dictateur ou de Chef, qu’ils jugeoientle plus digne de les commander, & dont l'autorité s’évanouis-soit avec le danger. Cette indépendance étoit leur seul bien;& l’hospitalité une de leurs premieres vertus. Jamais la portede leur cabane n’étoit fermée aux Etrangers. Simples & sobres,leur boisson ordinaire étoit de Peau; mais ils fe permettoientquelquefois dans leurs fêtes l’usage d’une liqueur composée d’orge& de miel, ou de pommes, & lorsqu’ils en étoient enivrés, la fêtefinissoit par des querelles sanglantes, comme chez les anciensThraces.

Tous ces petits Etats étoient continuellement armés les unscontre les autres, & la guerre par ses revers ou ses succès chan-geoit fans cesse leurs mobiles limites. Us attaquoient sur-tout lesBelges auxquels ils ne pardonnèrent jamais leur intrusion. Tousces combats renaiffans entretenoient leurs dispositions mar-tiales. Assez mal armés, soit pour Patraque, soit pour la dé-fense, ils comptoient plus fur leur courage. Les principaux

A 2