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Tome I.
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Yoir. Revêtus du Sacerdoce , leur autorité s’étendoit fur les assaí*'res publiques & particulières. Rien de considérable ne se faisoitsans leur approbation; on n’ofoit pas même punir les crimes &faire mourir un malfaiteur, s’ils n’avoient souscrit à son arrêt.Ils tenoient tous les ans une assemblée générale, où toutes lesaffaires étoient examinées & jugées. Sous prétexte qu’il n’y apoint d’action où la religion ne soit intéressée, ils s’attribuoientle droit d’exclure des sacrifices ceux qui refufoient de se sou-mettre à leurs décisions. Cette excommunication étoit si hon-teuse, que le malheureux qui en étoit frappé, sans honneurs,fans société, en horreur à ses amis, à fes parens, étoit regardécomme une espèce de monstre sacrilège. Ils annonçoient l’a-venir & s’érigeoient en Interprètes de la volonté des Dieux. IIse mêloit pourtant un peu de science à ces impostures. Ilsenseignoient à leurs élèves quelques notions fur les astres , furleurs révolutions & fur le monde physique, & leur parloientde philosophie. Ils s’étoient encore emparés de la médecine,,autre mélange informe de pratiques superstitieuses qu’ils déco-roient du nom d’Art. C’étoit encore à leurs foins qu’étoit ordi-nairement confiée l’éducation de la Noblesse. Ainsi les Druidesdominoient la Nation par tout ce qui subjugue & enchaîne leshommes, la religion & la pensée , la science & les préjugés ,l’espérance & la crainte, l’intérêt de la vie présente & future.Quelques femmes furent admises à leur instructions & à leursdignités. Telle fut celle de Tungria (Liège), qui prédit à Dio-clétien, comme les sorcières à Macbeth, qu’il seroit un jourEmpereur.

Us étoient présidés par un souverain Pontife de qui dépen-doient tous les autres, & qui parvenoit à cette dignité suprêmepar élection. Cette élection étoit rarement paisible , & les armesdécidoient quelquefois de ce choix envié. Tant de privilèges,tant d’immunités attachées à cet Ordre qui étoit exempt du