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Tome I.
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GUILLAUME MONTRE DU PORTde Dive VAngleterre à son armée, 6 1 leur en prometla conquête (en 1066).

Tosti dans l’exil 8c dépouillé de son Gouvernement,ne peut souffrir son frère sur un trône. II intéresse le Comtequi lui donnoit un asyle, il excite en secret les mécontens duRoyaume; il va lui-même en Normandie dénoncer son frèrecomme parjure, 8c presser Guillaume d’unir leurs vengeances.

Guillaume accepta avec joie ce nouvel ennemi d’Harold ;mais il ne l’avoit pas attendu pour former, pour colorer sesplaintes, 8c légitimer, fous des apparences de droit 8c de justice,rinvasion qu’il méditoit. Déja il avoit envoyé redemander laCouronne à Harold, comme usurpée à son préjudice par unparjure. Harold ne se sentit pas de remords d’un pareil crime,& répondit fièrement au Duc, qu’il la tenoit de la Nation , 8cqu’il ne la céderoit qu avec la vie.

Le Duc, qui s’attendoit bien à ce refus, se préparoit sérieuse-ment à cette entreprise , mesurant l’opinion de ses forces au sen-timent de son ambition 8c de son courage, bien plus qu’à ladifficulté , à ^invraisemblance même du succès. II osa comptersur la faiblesse des Anglois énervés par le long 8c paisible règned’Édouard, 8c fur les suites d’une bataille décisive, où l’avan-tage devoit rester à ses vieux soldats accoutumés à vaincre aveclui, 8c qu’il se proposoit de placer entre la victoire 8c la mort.L’esprit du siècle 8c les circonstances favorisèrent heureusementson projet. Les Normands aguerris par leur lutte continuelleavec la France, étoient alors au comble de leur réputationmilitaire. Une poignée d’Aventuriers fondoit des Royaumesdans l’Italie la Sicile : l’esprit de conquête 8t de Chevalerie