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Tome I.
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( H 2 )

peuple. On reclamoit les loix vénérables d’Édouard le Con-fesseur, Henri en promit le prompt rétablissement. La Noblesseécrasée par son père , sollicitoit ses anciens privilèges , lenouveau Monarque la rétablit dans ses terres, en l’exemptantdu rachat. La petite Noblesse obtint la permission de marierses filles. De-là aussi cette Charte de la liberté , qui n’ébau-choit encore que faiblement la prérogative étonnante que l’Ar.-glois sçût dans la fuite se faire donner par ses Princes. Le peuplese vit lui-même caressé dans les objets de son mécontentement,il eut le privilège d’avoir chez lui de la lumière ; & la clochetyrannique du couvre-feu cessa de l’inquiéter. Le Clergé eutaussi sa récompense, comme il avoir eu son amoace, on ren-voya l’Evêque de Durham, ce Ministre des violences & desusurpations du dernier Monarque ; & le vertueux Anselme,objet de la vénération des peuples, fut rappellé à la Cour &dans son Siège.

Quel aveuglement dans ces différens corps, si souvent trom-pés par le père & le fils, d’imaginer qu’un Prince, qui dansson usurpation tranchoir aussi impérieusement sur les droits deson frère , dût respecter davantage des promesses arrachées aubesoin qu’il avoir de ne trouver aucun obstacle , sitôt qu’ilpourroit être parjure sans danger; mais alors la fierté du carac-tère Anglois ne se dessinoit encore que faiblement.

L’ame faible de Robert se peint dans l’espèce de saisisse-ment qu’il éprouve á son arrivée en Angleterre. Un lion déplacépar un renard , sentirait à cette vue s’enflammer son courroux,se déployer ses forces , & son approche n’inspireroit que de laterreur. Robert ne parut connoître que la faiblesse & l’hu-miliation de son indigence. Soit pitié , soit affection pour leurPrince, que sa douceur avoit toujours rendu cher au peuple,Jes Normands lui tendirent les bras, 8t le rétablirent danstous ses droits. Robert, rentrant ainsi, fans coup férir, dani