Band 
Tome I.
Seite
171
JPEG-Download
 

( I 7 I )

Un soufflet ouvrit îa scène, & devint le signal pour se jettersur tous ceux qu’on put découvrir. Le tumulte se communiquabientôt à Londres, & le peuple crut offrir à son Roi untribut agréable, en faisant de tous les Juifs qui se rencon-trèrent un horrible carnage, que le Prince ne connut &n’arrêta que trop tard. Ce calme qu’il rétablit, ne fut qu’unfeu sous la cendre , qui se ralluma pendant le voyage duMonarque en Palestine. La richesse des Juifs bien plus quel’amour de la Religion, mit le poignard à la main des habi-tans de Stanford , de Line , de Lincoln & d’Yorck , où ilssurent impitoyablement massacrés ; nul règne ne leur fut plusfuneste.

Cependant Richard ne foupiroit qu’après une nouvellecroisade. Riche de neuf cent mille livres d’or qu’il avoirtrouvés dans le trésor de son père, son avidité , autant queles préparatifs nécessaires pour l’expédition d’Orient, lui fitépuiser tous les moyens qui pouvoient accroître ses richesses.Domaines , Châteaux, Privilèges, Chartes, tout fut venduau plus offrant. II eut , comme il le dit lui-même , venduLondres , s’il eut trouvé un acquéreur. Richard & Philippe-Auguste combinent leurs armées pour cette croisade. Le Monar-que Anglois se met en mer avec la flotte la plus riche & laplus puissante qu’on eut jamais vue en Angleterre. Les deuxPrinces s’étoient juré, dans une entrevue à Nonancourt, uneAmitié inaltérable & une assistance mutuelle.

Si, par ses hauts faits, Richard mérita dans cette guerred’être appelle Cœur-de-Lion, Philippe y soutint constammentle rôle du renard ; & le Roi d’Angleterre eut plus d’une foisà se repentir dans cette croisade & dans le cours de son règnede l’exceffive confiance qu’il avoit donnée au Prince Fran-çois. Philippe, malheureux fur mer par des tempêtes, & ne

Yij