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se montrant guères fur terre que comme un personnage secon-daire, à côté d’un rival toujours heureux, prit le parti de laretraite ; mais ce ne fut que pour aller tenter lâchement lafidélité du frère de Richard; & pour envahir en Normandieles domaines de ce Monarque.
Tout prospérois en Orient au Prince Anglois. En passanten Sicile, il avoit vengé furies Etats de Tancrède le bâtard, ladétention de fa sœur Jeanne, Reine douairière de Sicile; &,par sa franchise, il avoit gagné le cœur de ce Prince. Arrivéén Chypre, après un voyage périlleux, Richard s’y montreavec éclat & met en déroute les Cypriots; II marche vers Acre,pour y rejoindre Philippe. Une flotte terrible, défendu pardeux cent cinquante machines remplies de feux grégeois, serend à sa valeur & à ses forces. Acre, que Philippe prefíoitlentement, ne tient point contre son activité & la réputationde ses armes. Mais cette ville fut l’écueil de Richard. D’un côté,tant de gloire accumulée fur ce Prince, indisposa Philippe & luifit méditer sa retraite, qui devoit être funeste à la Normandie.De l’autre, Richard crut pouvoir rabattre l’orgueil des Autri-chiens, qui voulurent planter leur étendard fur les murs d’Acre;
& par-là il se fit un ennemi personnel de leur Duc Léopold, dontla vengeance ne se fit pas long-tems attendre.
Les succès de Richard se multiplioient dans l’Orient. Pourencourager ses principaux Guerriers au siège d’Acre , il avoitréglé qu’ils porteroient à leurs jambes des attaches de cuirtelles qu’ils les avoit aux siennes, voulant que cette distinctionles animât à se surpasser en bravoure. C’est l’origine de l’ Ordrede la Jarretière , objet encore aujourd’hui de l’ambition de lahaute Noblesse Angloise.
Saladin, dont les victoires a voient semé l’épouvante enEurope , eut à trembler devant Richard. Après avoir vitemporter la ville d’Acre, il perdit, fans pouvoir les défendre»