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préjudice de son neveu, le Comte de Mortagne, avoir établiou reconnu la succession légale des frères.
Mais, si Pirréligion, si la lâcheté , si la cruauté Sc la perfidiedans un Prince pouvoient autoriser une Nation à l’arrêter sur lesdegrés du trône, & à le faire descendre au dernier rang deshommes, Jean n’eut jamais dû porter la Couronne d’Angleterre.II s’étoit fait connoître fous le règne de son frère ; un trait suffitquelquefois pour caractériser un homme. Jean s’étoit dégradé pardes traits de cruauté Sc de basieffe, qui eussent dû mettre engarde ses sujets. Cependant il eut le peuple pour lui, sitôtqu’il se présenta; &, à l’égard des Grands, les trésors de sonfrère, qu’il se fit remettre, lui donnèrent des suffrages, ducrédit Sc des Troupes. 11 eut dans son parti sa mère Eléonor,bien moins par l’effet de la tendresse, que par une politique,adroite, qui, en éloignant Arthus, écartoit Constance, mèrede ce Prince, la plus dangereuse rivale de son authorité.
Triste sort de l’infortuné Arthus ! II est victime de l’ambi-tion Sc des inquiétudes de son frère , il n’est pas moins, lejouet de la cupidité de Philippe, qui ne le protège, que pourenvahir fous son nom. Dans ce constict de passions , le Ro 1de France, qui, sous le précédent règne , avoit tout l’odieuxde la scène , devient ici un personnage intéressant par degrandes qualités , telles qu’une politique conséquente , uneprudence marquée, Pamour de la justice , le soin du bon-heur de son peuple Sc le zèle de la religion ; qui constras-toient avec Pinconséquence, l’oppression , la bassesse Sc ladébauche , par lesquelles le Roi Jean déshonoroit toutesses démarches. Aussi ce Monarque eut beau se faire cou-ronner jusqu’à quatre fois, il n’en devins ni plus cher niplus respectable pour son peuple, qui ne vit, dans ce phan-tóme de Roi , que l’erreur de son choix Sc celle de lafortune.