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Tome I.
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Les querelles se renouvellent sans cesse, tantôt avec Philippe& tantôt avec Arthus. Mais le moment approchoit où l’infor-tuné Duc de Bretagne , devoir cesser de lui faire ombrage.Arthus étoit entre les mains de Philippe, la verge dont il seservoit pour humilier le Roi d'Angleterre; 8c cette protectiondu Roi de France, plus décidée que jamais, fit le malheur duDuc de Bretagne. Un combat imprudent le livra au Roi sonfrère, qui l’enferma dans le Château de Falaise ; Jean pensaque sa présence, ses caresses ou ses menaces le détacheraient dePhilippe; il se trompa. Arthus ne vît dans son frère qu’unperfide oppresseur, l’accabla de reproches si vifs 8c si mena-çans que c’en étoit fait de lui, si Guillaume de Bray., à quiJean ordonna de le mettre à mort, ne lui eut répondu quU/rbrave Guerrier n étoit point un bourreau.

Au défaut des Ministres de fa vengeance , Jean , dans facolère se satisfit de ses propres mains ; 8c ajouta à l’horreurde fa conduite Pinfamie d’un parricide.

Qu’il ferait malheureux pour la société qu’il se trouvâtsouvent de ces scélérats de fang-froid, dont l’ame atroceentend fans frémir le cri de la conscience ; 8c brave opiniâtre-ment le remords ! De tels hommes feraient le fléau de leursiècle ainsi que Popprobre de la raison. Mais heureusementpresque toujours le trouble 8c la foiblesse avilissent le méchantaprès son forfait. Le désordre s’empare de Pesprit 8c la lâchetéest dans le cœur. Ces deux traits caractérisèrent tout le reste durègne de Jean.

Qu’on s’imagine Philippe, épiant toutes les fautes de sonrival ; 8c l’on n’est point étonné de'voir le Monarque Françoisépouser la vengeance de la mère d’Arthus , 8c faire valoir letitre de Suzerain, pour punir l’attentat de son vassal, citerJean au tribunal des Pairs, le condamner, ordonner la con-fiscation de ses domaines en France, Popérer à la tête de ses