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Tome II.
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plus riches citoyens, devint lui-même par son supplice laterreur des rebelles. Tel étoit fans doute l’ordve d’une justevengeance que Tautorité se devoir à elle-même.

La passion favorite de Henri en décida autrement. A chaqueacte de sévérité que voulut frapper le Monarque, on désarmatoujours fa vengeance en caressant son avarice. Londres criamerci, en présentant au Prince l’or à pleines mains, & cessade paraître coupable. Ses Chartes, ses Magistrats, ses pri-vilèges lui furent rendus, fans qu’on parut craindre de four-nir des alimens à son génie séditieux. Le plus coupable d’entreses citoyens, le Lord-Maire racheta fa liberté par la perted’une; partie de fhs biens ; & les Barons poursuivis Réchap-pèrent qu’en sacrifiant leurs domaines.

On fait que dans nos premières loix, la plupart des crimesse compeníoient par des amendes pécuniaires ; mais on n’ima-ginoit pas que la rébellion & le crime de lèze-Majesté pussentdevenir des objets de composition. II ne íalloit rien moins ,que T avarice de Henri pour leur trouver un tarif au prixduquel les coupables pussent l'être avec impunité.

Ce n’est point ainsi que chez les François Charles VIIlong-tems victime d’une marâtre, exilé loin de son trône pardes factions puissantes, rentra dans ses domaines & dans T exer-cice de fa puissance. Ce n’est point ainsi que chez cette Nation,le grand Henri pardonna au Chef des Ligueurs & aux violensécarts d’un peuple fanatique. Aussi ces deux Monarques retrou-vèrent-ils, au sortir de leurs revers, & la gloire & le cœur deleurs peuples. Henri d’Angleterre n’obtint ni l’un ni T autre.Si les troubles s’appaisèrent, si le calme se rétablit dans leRoyaume, ce Prince toujours foible, toujours fans considéra-tion comme fans caractère , eut peu de part à ces avantages.

Rome, elle-même, jusqu’alors fi puissante, n’eut pas à cetteépoque la même influence fur la Nation Angloise. Le Cardinal