( 39 )
biens uíurpe's dans les derniers tems de troubles, loi sage enelle-même, mais dont l'avarice d’Èdouard rendit l’exécution.odieuse ; & le mérite du Prince s’affoiblit fous cet aspect.Nommé le Justinien de son siécle , il remplit l’étendue dece beau nom, en veillant avec sévérité sur l’administrationde la Justice, en réglant l’ordre des Juridictions, en facili-tant la perception de l’impôt souvent plus onéreuse que l’impôtmême ; en favorisant le commerce intérieur ainsi que l’étrangerpar un affranchissement général des ports de l’Angleterre,inconnu jusqu’alors. Voilà l’homme d’État.
On l’a vu Guerrier, développant fous le règne de son pèrede grands talens, qui vengèrent le trône de la pusillanimitéde Henri ; & le tableau de son règne, qui le montre presquetoujours les armes à la main, soit dans la souveraineté deGalles , soit en Écosse, le fait voir par-tout grand homme deguerre. Mais c’est ici qu’Édouard perd ses titres à l’héroïsmepar d’injustes victoires, parce que des usurpations ne font pointde vraies conquêtes; & que les jeux de la fortune ne fontpoint le sceau des vertus.
Le Ciel parut d’abord favoriser la justice de la cause desGallois. LesTroupes d’Edouard avoient été battues, & Lewlin,que Pintérêt de la vengeance avoit réconcilié avec David sonfrère, cantoimé sur la montagne de Snowdon, pouvoit long-tems encore protéger le canton & faire respecter ses pro-priétés. Le vrai courage demandoit ici plus de constance qued’activité ; & le fort du Prince de Galles e'toit bien plus dans lamain du tems, que dans la valeur de ses Soldats. Ebloui dequelques succès momentanés, fa vivacité l’emporta, il des-cendit dans la plaine ; & ce fut-là qu’il perdit avec son poste1 tous ses avantages, son armée & la vie. Sa tête, portée pres-qu’auíR-tôt sur la tour de Londres, annonça au loin le malheurdes Gallois, auquel mit bientôt le comble la fin tragique de