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David, seul reste du sang de leurs Princes. Une cruauté desang-froid décida de son sort. Édouard le fit écarteler, & lesquatre quartiers de son corps furent en quelque forte les Hérautsdont le Roi se servit pour publier dans quatre Villes principalesde l’Angleterre son triomphe barbare, le désespoir des Gallois,qui depuis huit cens ans jouiffoient de leur indépendance, & laconquête de leur Province, unie déformais à la Couronne pourdevenir l’apanage de l’héritier présomptif de cette Monar-chie.
L’apanage de l’aîné des fils de France eut, au XIV e siècleune origine plus analogue à l’humanité de nos Maîtres ainsiqu’à celle de nos mœurs. Un Dauphin de Viennois se voitenlever par la mort un fils unique, tendrement chéri. Soname affaissée ne se relève de ce coup funeste, qu’en déposantpour sa consolation le poids & les honneurs de cette souve-raineté entre les mains du Roi de France; & le choix dunouveau Maître qu’il doit laiffer à ses peuples semble êtrepour lui radoucissement de sa douleur. Ainsi ce titre de Dau-phin ne rappelle à nos Princes que le sentiment qui renditcette donation si touchante. Mais un Prince de Galles nepeut oublier que Faction à laquelle il doit son titre, fut ensan-glantée par le carnage des Gallois & par le meurtre de leurslégitimes Souverains.
La mort d’une Princesse de neuf ans, Marguerite, petite-fille du dernier Roi d’Écosse, Alexandre III , fut pour ceRoyaume l’époque du trouble & de la confusion, ainsi quecelle d’une guerre sanglante , qui le mit à deux doigts defa perte. Cette crise fut l’origine d’une haine irréconciliable,également funeste aux deux Nations. Les contendans à laCouronne furent nombreux ; mais on y distingua Robert Brus,Jean Baillol & le Roi de Norvège. Celui-ci fut bientôt écartépar les deux autres ; & çeux-çi attirèrent à eux les douze
factions