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l’hommage de la Guyenne ; mais Timprudence qui les perdîtgainsi que le foible Monarque, fut d’avoir aliéné son cœur de laReine Isabelle, & d’avoir comblé à l’égard de cette Princessela mesure des mortifications qu’il étoit en leur pouvoir delui donner, soit en éloignant ses domestiques affidés, soitpar le retranchement indécent de ses finances.
La guerre allumée mit Isabelle â porté de poursuivre avecacharnement sa vengeance contre les favoris & contre son foibleépoux. Edouard qu’effrayoient les préparatifs du Roi de France,y donna les mains en aveugle. II demanda la paix ; des obstaclesrenaissons, des lenteurs affectées désespèrent le Roi d’Angle-terre. En proie à son dépit & à son chagrin, on lui présentaune fausse lueur dans la médiation d’Isabelle auprès de sonfrère ; il la saisit imprudemment ; & la Reine, qui n’atten-doit que le succès de ce piège, pour donner un libre coursà son ressentiment, passe la Mer, conclut avec la Franceune paix insidieuse, qui devoir être cimentée par l’hommagequ Edouard iroit rendre en personne à son Seigneur Suze-rain.
Isabelle connoissoit les Sponsors, dont tout l’intérêt étoitde retenir Edouard à Londres, comme l’appui de leur faveur &de leurs vexations. C’étoit-là qu’elle les attendoit ; mais onva voir qu’un piège qu’ils voulurent éviter, les attira dans unautre. Pour retenir le Monarque à la Cour, ils imaginent desubstituer le fils au père. Le jeune Edouard créé Duc deGuyenne, so rend en cette qualité auprès de fa mère. C’étoifì’mstrument le plus efficace qu’on put fournir à la vengeancede cette Princesse.
Mais personne n’eut sur elle un ascendant plus connu queRoger de Mortimer. Audi bel homme que le jeune Sponsor, iîavoit de plus l’esprit visée fécond en ressources; il y joignoìtune bravoure reconnue. Odieux aux Sponsors, deux fois ils’étoit vu au moment de porter fa tête fur l’échafaud. Sauvé