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Tome II.
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du jeune Èdouard, fí la marche du Roi Jean, qui conduisoitavec lui soixante mille hommes , n’eut mis ce Prince fur ladéfensive. Mais, quelque puissant que paroisse un grand nombrede soldats , fa force est toujours dans la tête qui meut ce vastecorps. Jean croyoit mener une armée florissante à la victoire.Intrépide dans son courage, ardent dans fa résolution, emportédans fa haine , il crut avoir donné un frein au Prince deGalles & le tenir en fa puissance. Le Prince en effet fe trouvadans une ; crise violente; mais l’aveugle présomption du RoiJean fit plus pour le sauver que n’eut fait une armée nom-breuse.

Sans avoir combattu, ce Monarque crut pouvoir trancheren Vainqueur. En vain le Prince de Galles demande la paix,en vain il offre de réparer tous les dommages causés par soninvasion, en vain deux Légats «'entremettent pour désarmer leRoi ; Jean inflexible exige que le Prince de Galles & sonarmée se rendent à discrétion. L’yvresse de sa prospérité luidérobe le danger de réduire au désespoir un jeune Prince pleind’honneur, de prudence & de courage. Jean peut mettre sagloire à couvert par un accommodement honorable. IF peutmême, sans trop changer fa manœuvre, envelopper & affamerI’Anglois. L’imprudent Monarque hasarde dans la plaine deMaupertuis, près de Poitiers, une bataille. Sa Cavalerie, à quiil fait mettre pied à terre, est enfoncée par le Prince de Galles &mise en déroute, trois de ses enfans l’abandonnent, l’exemplede cette retraite entraîne les lâches & le gros de l’armée à ladébandade ; &, combattant avec l’ardeur la plus inutile comme]a plus opiniâtre, Jean & son quatrième fils tombent au pouvoirde l’Anglois. Nouvel éclat fans doute pour la gloire du Princede Galles ; mais la modestie plus touchante encore du Vain-queur permet à peine d’admirer ici fa bravoure.

Après l’hyver passé en Guyenne, le Prince victorieux fait