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C’est le tableau de la dernière partie du règne d’Èdouard III.Même éclat à l’entrée 8c au midi de sa carrière, même dégra-dation de grandeur à son déclin, mêmes désastres au sein de safamille. Ainsi la fortune semble vouloir quelquefois consoler,par ces vieilli rudes, la portion des humains qu elle oubliedans ses faveurs !
Le règne de Richard II parut destiné à faire sentir encoreplus vivement aux peuples la perte du Prince de Galles.Deux factions puissantes commençoient à jetter en Angle-terre les premières étincelles qui dévoient embraser la Nation :la Rose blanche & la Rose rouge : les deux maisons de Clarence& de Lancaster ; & quel génie n’eut-il pas fallu pour gou-verner dans ces tems difficiles ! Edouard n’avoit pensé qu’àfaire entrer dans fa famille les grands biens de ces deux maisonspuissantes; 5c fa politique fournît ainsi , fans le prévoir, desarmes à la cupidité 8c à l’ambition de ses enfans pour détruireson ouvrage, en chassant du trône le malheureux Richard.
Quelle Nation que ce peuple farouche, qui, tel qu’étoitl’Anglois de ces siècles, sembloit ne recevoir de mouvementque par des secousses ; 8c ne vouloir dans ses Princes que degrandes vertus ou que de grands vices ! Sans talens, fansqualités, fans vertus, triste jouet des favoris, des maîtresses& des Ministres, avec un caractère bisarre 8c indolent, avecdes actions déplacées presque en tout genre, Richard , mépriséde ses oncles, fe vît bientôt isolé de tout crédit 8c de touteautorité sur son trône. Aussi les passions qui l’entouroient, fetrouvant fans frein , se déchaînèrent pour maîtriser à la foisle Monarque 8c les événemens.
Les premiers orages s’élevèrent dans fa minorité ; mais illes calma. Sans être grand Guerrier, il eut par ses Capitainesquelques avantages contre FEcosse 8c la France. . Mais il» eut presque seul la gloire d’un beau moment, dans une