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de tes Rois, quelles mœurs méconnoissables! Quelle re'volutío»s’étoit faite dans ton caractère!
La Normandie a déja subi le joug de Henri. Un mariageavec la fille de Charles VI donne à ses prétentions un nouvelappui. La vengeance de Philippe de Bourgogne, qui ne voirdans le Dauphin que le meurtrier de son père, la haine d’Isa-belle, l’égarement de Charles VI, consomment à Troyes cetaffreux traité, qui, au mépris des Loix & de la Nature, donneà Henri la Régence du Royaume de France & lui en assure laCouronne après son beau-père.
Henri connoissoit le caractère de ce peuple qui se donnoità lui, sans autre impulsion que celle qu’il recevoit des mouve-mens convulsifs de tous les Etats. II dut moins craindre encorel’inconséquence, qui pouvoit ramener cette Nation à son maîtrelégitime, que cette force d’attraction qu’aura toujours pour leFrançois un rejetton de la race de ses maîtres. Cependantjusques-là tout prospère à Henri ; son épouse lui donne unhéritier, ses exploits subjuguent la Nation ; & déja il a conquisla moitié du Royaume, quand la mort l’arrête dans fa course,la main sur cette Couronne, qu’il avoit sçu ravir sans pouvoirla porter.
Un enfant de neuf mois, Henri VI, recélois dans fa destinéecelle de deux grands Royaumes. Ce moment devoit être le plusbeau de fa vie, deux Couronnes ombrageoient son berceau; mai®on verra qu’une seule étoit de trop pour un Prince de cettetrempe.
Quel génie formera d’auffi foibles mains à porter ce sceptrede fer, qui doit humilier la France & la culbuter presque jusquedans ses fondemens ? Les oncles du Roi, deux hommes sages ,tous deux grands dans la guerre ; mais plus grands encore dansl’art sublime de maîtriser les elprits, le Duc de Glocester & leDuc de Bedíort fe partagèrent la Régence des deux Royaumes,