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Une fille, une jeune bergère, sans connoissance, fans édu-cation , fans appui ; mais dont la tête s’exalte & dont le cœurs’enflamme au récit des malheurs de la France, arrive à la Courde Charles, & propose un bras novice dans Fart des combats ,pour soutenir une grande monarchie fur son penchant. Rebutéed’abord, éprouvée ensuite, elle embrase du noble feu qui l’ins-pire le Monarque , sa Cour Sc ses Généraux. Elle est d’un sexe,dont Fempire étoit encore celui d’une seconde Divinité sur lesFrançois ; elle s’annonce comme envoyée de Dieu , Sc l’on scai'ttout ce que peut Fexcès du malheur fur un peuple sensible,pour en faire un peuple religieux ! La Pucelle s’exprime avecmodestie; mais avec intrépidité ; des réponses naïves, simples,mais d’une simplicité sublime, décèlent une ame franche Scélevée; un regard plein de feu donne à ses prédictions uncaractère de prophétie ; fa noble audace, son zèle ardent Scfa religieuse confiance remuent toutes les âmes ; la progres-sion de l’enthoufiasme suit celle de l’admiration Sc du respectqu’elle inspire.
. C’est le plus beau moment qu’ait eu Fempire de Fòpinionm fur les François. Les Généraux, qui sentent tout ce que peut. cette dernière ressource, n’ont garde de la laisser échapper.
• La Pucelle demande des Troupes ; elle se compose dans Blois» un bataillon sacré du Clergé de cette Province, qu’elle fait
• marcher avec nos Soldats ; les Généraux cependant sont à
• leur poste , Sc rien n’est donné au hazard ; mais c’est de la
• Pucelle qu’ils semblent recevoir l’ordre. Emportés par l’en-» thousiasme de l’inspiration Sc celui de la valeur , six mille. hommes conduits par cette Héroïne pénètrent au milieu du
• camp de l’Angloïs, enlèvent ses postes nombreux , Sc con-. duisent comme en triomphe le convoi dans Orléans. L’An-. glois n’est déja plus le même, la terreur l’enchaîne ; ces» François qu’il a si fort méprisés sont des dieux ou des démons,