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couler ensuite dans les champs de bataille, fans utilité commefans honneur pour la Nation. Quatre-vingt cinq mille hommesy périrent deux Rois, un Prince, dix Ducs, trente autresSeigneurs qualifiés, cent trente-deux Chevaliers 8c quatre centquarante Écuyers y perdirent la vie. Cette guerre sanglantefinit au moment ou Henri s’annonça fur le trône pour réunirtous les droits des maisons de Lancaster 8c d’Yorck. Henri VI,quand Pembrock le lui présenta jeune encore, le jugea bien,en déclarant qu’il voyoit dans ce Prince le futur vengeur dusang de Lancaster. La prison avoir mûri le germe de sesgrandes qualités ; il se développa avec avantage sur letrône.
Dans son nouveau maître, le peuple trouva une physiono-mie heureuse , un air grand & martial, une ame haute 8c bienplacée, de la valeur, de l’adreíTe, de la générosité, de ladroiture, une majesté naturelle 8c imposante à la fois, souventaustère ; un administrateur pénétrant 8c laborieux , qui, dansses momens de retraite , combinoit le talent 8c le caractèredes hommes qu’il devoir employer, avec une méthode auíïïréfléchie que celle de Pastronome qui établit le système dumonde sur les calculs des corps célestes, homme que Baconnous peint d’un seul trait, en le montrant tout à son état 8ctout par lui-même (*).
Avec d’auffi grandes qualités un homme est déja Roi parle génie, il est assuré de l’empire de l’opinion. CependantHenri se vit deux fois au moment de le perdre, parce quefa haine contre le sang d’Yorck pensa égarer sa politique.II devoir épouser Élisabeth pour réunir ses droits à ceux de laRose rouge , il fit attendre ce mariage. II devoir la montrerau peuple la Couronne en tête ; 8c ce couronnement se fit
( * ) Totus in illis & touis ex se Baco VeruI,
Tome II.
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