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Iong-tems attendre. Le peuple murmura, parce qu’il cfterii-íoit la maison d’Yorck; & sembla dans son murmure appellerencore une révolution. Henri, qui , dans la secrette perplexitéquê lui laissoit la légitimité de son droit, s’étoit étayé de lafaveur de son Parlement, des Bulles de Rome, & qui, dans laTour de Londres resserrait le Comte de Warwich, dernierrejetton de la maison d’Yorck, le seul Prince qui put inquiétersa jouissance, étoit bien éloigné de soupçonner le foyer obscurd’une conspiration, qui s’annonça tout à coup avec un grandéclat.
Sirmond, Prêtre & jadis Précepteur du Comte de Warwich,crut que Henri ne s’étoit point épargné cette victime néces-saire à son ambition, & que le jeune Warwich avoir été sacrifiéaux allarmes du nouveau Roi. 11 trouva dans le fils d’unBoulanger, Lambert Limier, un instrument dont il se proposade tirer le plus grand parti. Limier étoit de l’âge de Warwich,,& présentoit dans fa taille St ses traits une ressemblance frap-pante avec ce Prince. Son caractère simple, son esprit borné,son inexpérience devenoient utiles aux vues de Sirmond.Celui-ci s’en servit avec avantage ; adroit & vain dans fapetite politique, il crut que fi d’un Boulanger il pouvoit faireun Roi, il lui ferait facile ensuite de faire du Prêtre Sirmondau moins un Evêque , & peut-être un premier Ministre.
Mais ce qui semble incroyable, c’èst que ce faux Warwichait fait sur un peuple aussi las de révolutions Pimpreílion laplus prompte. L’Irlande reçoit avec enthousiasme ce Roi dethéâtre. L’illuíion gagne de proche en proche, on sabordeavec curiosité, on le reconnoît, ou l’on croit le reconnoî'treon se jette avec empressement sur son passage , Dublin leproclame, le Chancelier Gérardin donne à cette approbationle sceau de son caractère public , la Noblesse est gagnée, lafaction grossit & cherche à s’accroìtre de tous les rebelles