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Tome II.
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. qu’en donnant à ce phantôme de Roi un poste de marmiton• dans ses cuisines. On conviendra qu’il étoit difficile d’ima-. giner un réveil plus digne d’un pareil songe. .

Le reste du règne de Henri VII se passa dans ces oscilla-tions qu on doit attendre d’un Etat en proie depuis si long-tems à tant de mouvemens convulsifs. Deux ans après laConjuration de Limier, un homme de Tournay. Pierre Varbecpersonnage qui n’étoit accrédite' que par la Duchesse de Bour-gogne , s’annonça pour le frère d’Edouard V. Rien ne lui man-quoit pour ourdir une pareille trame : candeur apparente,esprit agréable & délié, manières insinuantes, éloquence pleinede feu, connoiffances étendues des évènerrrens passés dont latrace pouvoit diriger fa route. La séduction, bien au-dessusde celle qu’avoit produite Limier, gagna les Cours de France,d’Espagne & d’Ècosse, alla jusqu’à lui donner en mariage unePrincesse Ecoffoise. Le génie Anglois, encore avide de nou-veautés & de révolutions, ne vit point ou ne voulut pointvoir la grossièreté du piège; mais la contenance & l’activitéde Henri déconcertèrent le rebelle, qui fut trop heureux deracheter fa vie par fa soumission, & qui bientôt rentré dansune faction nouvelle, termina par le gibet toutes ses aventures.La proscription & la mort du vrai Warwich parurent alorsnécessaires à Henri., & la raison d’Etat, qui décida du sort decet infortuné Prince, éteignit, après une querelle de-cent ans,la dernière étincelle du sang de Lancaster. La Rose rouge n’eutplus de rivaux de la Couronne.

II étoit dans ses destinées de Henri de ne sortir d’une criseque pour rentrer dans une autre. Délivré de Warwich & deVarbec, il se vit aux prises avec Suffolck, dont le titre leplus réel étoit dans ses richesses & dans le génie inquiet de laNation; mais l’Archiduc Philippe lui livra ce rebelle. Privéd’Arthur, son fils aîné, qu’il venoit de perdre, après P avoir