Band 
Tome II.
Seite
91
JPEG-Download
 

( 9 - )

qu on peut tirer d’Angleterre. Sirmond , que déja fa fortuneenyvre , voit son pupille protégé & défendu par une arméepuissante.

Henri, qui d’abord ayant cru que ce premier feu se consume-xoit faute d’alimens, ne savoir regardé qu’avec mépris, voit lepéril s’accroître, propose une amnistie aux rebelles; jusqu’àce qu’enfin, pour rompre le prestige, il tire de sa prison levéritable Warwich , le montre au peuple & à la Noblesse.Londres se désabuse; mais, soit amour de la nouveauté, soitmécontentement du nouveau règne, la faction conserve au lointoute sa force. Bientôt elle s’accroît du Comte de Lincoln, qui,neveu d’Edouard IV, auroit voulu travailler pour lui-même;mais qui trouva plus fur de venger la mort de son père Jeande Poil, qu’avoit fait mourir Henri à son avènement, en gros-sissant le parti du faux Warwich. Par ses soins , Limier estcouronné à Dublin, fous le nom d’Édouard VI. Vingt millehommes font aux ordres de Lincoln, & s’avancent dans laplaine de Stoke, à la rencontre de Henri, qui de son çôtémenoit au combat l’élite de la Noblesse.

Henri se battoir sans doute pour de grands intérêts ; maisil étoit dûr, il étoit humiliant d’avoir à défendre fa Couronnecontre un rival aussi ignoble. Cependant la bataille fut longue;elle fut sanglante, Lincoln s’y surpassa en prodiges de valeur;mais enfin la fortune fe rangea fous les drapeaux du Roi légi-time. Lincoln 8c les Chefs de son armée périrent, quatre mille -rebelles furent massacrés, & la fuite ne put dérober Sirmond 8cson pupille à la vengeance du Roi.

« La vengeance de Henri fut celle d’un grand homme, il ne. vit dans Sirmond que l’agent obscur d’une faction, dont il« connut les vrais Chefs ; & fe borna à le confiner dans une» prison. II méprisa Limier comme un automate indigne de- fa colère, & ne crut pouvoir mieux humilier la Ligue,

Mij