Band 
Tome II.
Seite
101
JPEG-Download
 

C roi )

nous assure que Marie rentra dans tous ses droits fans effusionde sang, des annales trop véridiques laissent encore subsister latrace des autels de fa vengeance, où tant d'illustres victimesexpièrent leur complaisance pour l’ambition du beau-pèrede Jeanne, où les Northumberland, les Wawich, les Guilfort,les Wiat & deux cens autres complices furent immolés atLrepos de la nouvelle Reine. On verra, dans le reste de sonrègne j que chez elle tous les sentimens, même celui dela Religion, prirent la teinte de son caractère mélancolique,violent & sanguinaire.

Elle aima le Comte de Dévonshíre , & cet amour ulcérépar la jalousie , sitôt qu’il trouva de la résistance dans l’amantd’Elisabeth, devint fureur & cruauté, à laquelle sa sœur nese déroba que par le pouvoir de ses charmes fur trois assas-sins envoyés par la Reine. Marie prend un époux, & décèleencore son ame dans le choix quelle fait de Philippe II, dece Prince, que l’Histoire de son tems a dénoncé au tribunalincorruptible de la postérité, comme le démon du midi , parfa cruauté & ses artifices. Mais nous allons voir que c’étoïtassez de Marie pour le malheur de l’Angleterre, pour celuimême de la Religion Catholique, qu’elle rendit odieuse, envoulant rétablir par les moyens les plus opposés à la douceur &à la sagesse évangéliques.

Pour qui connoît le peuple & son penchant à parcourir lesextrêmes, n’est-il pas sensible que les cruautés de Marieaigrirent la Nation, rindispoíèrent contre la Religion Romaine& préparèrent la prompte & funeste révolution qui se fitsous Élisabeth.

II eut été glorieux pour Marie de réparer les pertes de1 Eglise, & de lui rendre en Angleterre fa première splen-deur. Ce rétablissement n’eut point été au-dessus d’ùne ame,dont la piété, la bonté & la prudence eussent dirigé 5c