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temperé le zèle & les démarches. Le prestige de la nou-veauté , qui avoir séduit & entraîné le peuple , s’étoit éva-nouit & il laistoit approfondir les horreurs dont il avoir étél’instrument. L’ombre de Henri, menant à fa fuite des bûchers,des glaives, des bourreaux, épouvantoit encore dans le loin-tain. Le règne d’Edouard avoir été trop court pour affermirune révolution, dont presque toutes les circonstances avoientoutragé les mœurs & la nature.
Dans cette position, où le peuple auroit tendu les mainsà un maître sage, qui l’eut éclairé fur un schisme, dont lescauses & les premiers effets n’offroient que l’arbitraire & lacorruption , fur l’incertitude à laquelle fe verroit livrée uneNation qui perdrait la base de fa croyance , fur ce foyerd’agitations & de troubles , qui ne cesseraient de menacerégalement le trône & la Patrie ; que devoir faire MarieCatholique dévouée au culte de ses pères , & voulant rame-ner ses peuples à l’ancienne Foi ?
s II lui convenoit de leur faire voir au flambeau d’une raisonépurée la lâcheté d’une soumission basse au despotisme d’unmaître aveuglé par la corruption & la vengeance, & de lesfaire rougir d’une complaisance si opposée à la fierté du carac-tère Anglois. Elle devoir leur peindre la dernière révolution ,comme déshonorée par des monstres farouches, les outragesfaits à l’humanité comme l’apologie de l’ancienne foi ; & leplan de son gouvernement comme celui de leur bonheur, parle règne de la paix & de la vérité.
Marie ne trouva point dans son caractère ces principes del’autorité paternelle ; ou , si quelquefois elle y fut ramenéepar la douceur de son sexe, les conseils sanguinaires que luisouffla l’Évêque de Winchester, eurent bien plus de force furson esprit. N’affligeons pas les femmes disgraciées de la Nature,{Marie étoit de ce nombre) ; mais , soit ressentiment de «e