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treize Prêtres 8c íoixante-sept personnes expirèrent en r§z6,fur les bûchers allumés par le zèle sanguinaire de Marie 8cde Bonner.
, Mais à Guernesey il se passa une scène affreuse, qui. n’a d’exemple ni chez les tyrans du Paganisme, ni chez. les sauvages les plus altérés de sang humain ; 8c dont,
» après plus de deux siècles, le seul souvenir glace d’effroi 8c» saisit l’ame d’une morne terreur. Une mère 8c ses deux filles» séduites par les Novateurs, 8c condamnées fur leurs réponses. contraires à la Foi Catholique, font traînées au bûcher,
• L’approche des flammes, la force de la douleur font accou-« cher au poteau une de ces femmes, qui se trouvoit dans. le dernier mois de fa grossesse.- Ëmû de pitié, un des. spectateurs veut retirer auffi-tôt Pensant. Le Magistrat P arrête,. délibère deux minutes ; & c’est ensuite avec une fureur» réfléchie qu’il fait rejetter Pensant dans les flammes, où il. est consumé avec sa mère. .
Croyons , par respect pour le trône 8c pour l’honneur deMarie , qu’elle eut épargné l’innocente victime. Mais quelavertissement pour les Princes, qui doivent toujours craindreque loin de leurs yeux, les passions de leurs Ministres Rajou-tent à la sévérité de leurs ordres ! Les Protestans se multi-plièrent sous le glaive; 8c ee siècle de fer sembla ne servirque les intérêts de la réforme. Ceux de l’État ne prospérè-rent point au milieu de ces troubles. Philippe eut quelquesavantages contre la France ; mais la prise de Calais, qui vengeacette Nation, décrédita en Angleterre la politique de Philippe8c de Marie. La Reine ne put survivre à ce malheur, dont leressentiment fut si vif, qu’elle assurait à sa mort que fi l’onvouloit disséquer son cœur, on y trouverait le nom de Calais ,dont l’image étoit son poison. Ce dernier trait achève de prou,-yer combien les passions de cette femme étoient extrêmes.
MORT