C I0 3 )
qu’elle leur a refusé, soit amour-propre qui se dédommagepar l’ascendant de la crainte de celui qu’elles ne peuventespérer de leurs charmes , il est rare que les pallions & lesmoyens qui tiennent à la haine •& à la vengeance n’ayentpas plus de prise sur leur ame.
Gardiner, cet Evêque de "Winchester, persécuté sous ledernier règne, étoit fçavant, pur dans ses moeurs „ habiledans les affaires, homme d’Ëtat, qui se fut rendu précieuxà la tête d’une administration aussi critique, íi l’arnertume & laférocité même de son zèle n’euíìent flétri tant de belles qualités.Donner, autre Evêque de fa trempe , appelle au Conseil,n’etoit pas propre à tempérer les emportemens de son con-frère. Le Cardinal Polus, que la Reine avoir-fait venir d’Italie,Prélat doux & d’un zèle plus digne de la Religion, ne putobtenir l’influence que lui méritoient ses vertus, Marie & fortConseil semblèrent ne respirer que le sang. II coula dans toutesles parties du Royaume, sitôt qu’à ^instigation de Marie lePailement eut rétabli le culte de TÉglise Romaine & fait -sapaix avec le Saint-Siége.
Voilà donc cette malheureuse líle en proie dans le coursde vingt-cinq années à deux violentes tempêtes, -qui, déchaî-nées en sens contraire , ne parurent que changer de rives,pour y porter leurs ravages ! On s’étoit égorgé pour accré-diter la réforme, on versa le sang pour la détruire.
Dans ces victimes , on ne regrettera point le barbare Cran-mer, hauteur du schisme , l'arc-boutant de la rébellion contrel’Èglise & le bourreau des Catholiques, Prélat inconstant &forcené, Apostat fous Henri, pour se marier en liberté , abju-rant sous Marie , à la vue du supplice, rétractant son abju-ration lorsqu’il la voit inutile ; & qui , s’il eut trouvé de laclémence dans cette Reine, eut complété, fous Élisabeth, parun nouveau parjurç, la honte de la réforme. Quatre Évêques S