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MORT DE MARIE S T U A R T,Reine d’Écojse f décapitée par Tordre d?Élisabeth(en 1587).
O N a dit qu’ Élisabeth ne devoit être jugée que par des hommesd’État. Nous n’aurons donc pas la présomption d’approfondirces vues supérieures, ces desseins vastes, ce choix habile demoyens, cette prévoyance imperturbable, qui la rendirentpresque toujours maitresse des Cabinets de l’Europe, portè-rent l’Angleterre au plus haut degré de puissance fur les deuxhémisphères, disposèrent à son gré de la guerre & de la paix,firent mouvoir tous les Souverains comme autant d’instrumensnés de fa grandeur , & concoururent à marquer fa place aurang des grands hommes.
Mais nous regretterons qu’une femme si supérieure à sonsexe & à la plupart des maîtres du monde, ait abusé desressources de son génie pour séduire son peuple 8c le trom-per dans fa religion, de la politique pour bouleverser au gréde ses intérêts le culte de la Divinité , les dogmes & la moralede 1 ancienne foi; qu’elle ait outré la mesure de son pouvoir,en opposant, dans les premières années de son règne, à lacruauté de la feue Reine une intolérance aussi barbare ; qu’unesi grande Princesse ait dégradé son caractère par la vanitéd’une femmelette ; qu’elle ait avili son administration 8c sonrang par une sordide avarice, qui épuisa sa Cour & la plu-part des Nobles en contributions odieuses, par des emporte-rnens 8c une fureur grossière qu’on ne trouve que chez lapopulace ; 8c qu’enfin une administration admirable â tantd’égards, se soit flétrie aux yeux de la postérité par la hainequ’elle voua à Marie Stuart » 8c par la basse 8c féroce jalousieTome II, O
Élisabeth.