( IIO )
Jacques I er ,
.JACQUES CRÉE CENT BARONNETS ,
A exige d’eux une énorme finance (en 1614).
Il étoit donc dans les décrets éternels que la première têtedes Stuarts, destinée à réunir les trois Couronnes de l’em-pire Britannique, commenceroit la chaîne des malheurs quidévoient accabler cette illustre Maison, si intéressante par labravoure, la loyauté & la douceur de ses Princes, par lesacrifice de plusieurs d’enfre eux à la foi de leurs ancêtres, &dont encore aujourd’hui l’on ne peut voir les augustes restes,fans vénération & fans attendrissement. Au souvenir del’échafaud de Marie, ses deseendans durent frémir du poids decette triple Couronne, qui rendoit la majesté justiciable d’urtpeuple altier, violent dans ses haines &. familiarisé avec desrévolutions sanguinaires.
! Où l’homme sage respecte les secrets de la Providence , lefataliste retrouveroit ces jeux étonnans du fort, qui rame-nèrent au repos & au bonheur de Jacques presque toutes lesfautes de‘ ce Monarque ; cette étoile funeste qui ne cessad’égarer le malheureux Charles I par les voies de la douceur,de la bonté & de la complaisance, qui dévoient lui gagnerson peuple.
Quel étoit donc ce Roi d’Ecosse, qui le premier régna surí’Angleterre ? Henri IV, contemporain d’Elisabeth , l’avoitdé ja pénétré. Connoissez dans le Roi Jacques, écrivoit-il, àM. deBeaumont, son Ambassadeur en Angleterre, un Princeartificieux & souvent pris dans ses pièges, un homme qui vaau gré du terns & non des principes, un homme léger &dont le peu de droiture repousse toute confiance ; un galant,plein de morgue avec les femmes & pusillanime avec ses