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Jusqu’alors timide & craintive, Marie, par une de ces révo-lutions que les situations de force ne produisent point dansune ame ordinaire, n*a plus â ce moment que du sang-froid ,du courage & de la dignité. Fière de son innocence, elleappelle de ce jugement inique, au tribunal du SouverainJuge ; fidèle à la foi de ses pères, elle la professe avec intré-pidité ; présente à tout, elle relit son testament, elle écritau Roi de France & au Duc de Guise , & passe dans unsommeil paisible la nuit qui précède son dernier jour.
. Marie voit avec la même sérénité le moment de son.. supplice. Parée comme dans un jour de représentation,. couverte d’un long voile, un Crucifix à la main, suivie. du Grand-Maître de sa Maison Sc de deux de ses femmes,. elle s’avance dans une salle du Palais tendue en noir ; elle. y trouve un fauteuil, un couffin , un bloc , & deux bour-. reaux qui doivent achever cette scène tragique ; une prière. tranquille la précède, Sc sa tête tombe sous la hache de» de la haine Sc du despotisme. .
A cette nouvelle , Elisabeth ne montre qu’une douleurhypocrite. Les remords qu’elle devoir à cet horrible abusde son pouvoir , elle les réservoir au supplice du Comted’Essex, son favori. Un soufflet que la Reine lui avoir donnédans la colère, l’avoit rendu rebelle. L’arret de fa mortouvrit pour Elisabeth un abîme de mélancolie & de chagrin,dont rien ne put la faire sortir. Elle y succomba dans lasombre inquiétude des horreurs de son règne Sc dans lesinutiles regrets de la puissance & des plaisirs qui lui échap-poient. Son dernier jour fut le premier du trop fameuxCromwell.