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Echappé de ce danger, Cromwel sent qu’il n’a plus d’autreparti que de se faire craindre & de précipiter la révolution,s’il veut la consommer. II étoit vraiment Roi à la tête de sonarmée ; les loix, les principes les plus sacrés se taisoient ensa présence. Tous les autres pouvoirs avoient perdu l’équilibre :le Parlement fans consistance, les Communes réduites à unpetit nombre de factieux déterminés, les places dé Londreshérissées de gibets & d’échafauds, tout annonçoit à la Nationla plus terrible scène.
Elle fut l’ouvrage d’une Haute Cour de Jujxice , nouveautribunal de sang composé de soixantes parricides, qui reçutses pouvoirs de Tannée de Cromwel & de la faction desIndépendans. Jean Bradshaw la présida, Olivier Cromwel enfut Famé. Le traître, auffi raffiné politique qu’enthousiaste,sentit bien qu’un instant de réflexion pouvoit faire reculerd’horreur les complices de ses forfaits, que le moindre délaipouvoit lui attirer fur les bras les Puissances de l’Europe,qu’intéresseroient le fort de Charles & l’honneur du trône.Mais le fanatisme lui prêta de nouvelles armes, exalta le*têtes & fortifia l’yvresse de la Ligue. Tandis que quelquessujets fideles portoient au Ciel leurs gémiffemens & leursvœux secrets pour le salut de l’infortuné Prince, un jeûne &des prières publiques ordonnés par Cromwel, des aumônesdistribuées avec éclat semblèrent imprimer à cette oeuvre deténèbres le caractère d’un héroïsme religieux. On voyoit desenthousiastes à ses ordres , qui effrayoient & subjuguoientl’imagination des affistans par un langage mystérieux, par desvisions bizarres & d’horribles convulsions. Ainsi, par uneméchanceté profonde & par le mépris le plus insultant pourdes hommes, Cromwel forgeoit au feu du fanatisme lesiastrumens de son attentat.
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