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Tome II.
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* ( r2z )

En se rappellant nos précédens discours, on ne peut sedissimuler l’antipathie du caractère Anglois pour la monar-chie , & l'on voit par combien de formes diverses il a ététenté d’en altérer la constitution. Mais cet état d’anxiété &d’inquiétude d’un peuple qui se tourmente pour donner uneassiette à son Gouvernement, & que nous retrouvons encorechez ces Insulaires, est bien loin d’un régicide.

L’équité veut donc que l’on distingue ici entre un peupleséduit jusqu’à i’yvresse, par la popularité la plus insidieuse deCromwel , par l’écorce imposante de la Religion , par lecaractère audacieux & despotique de ce Général ; & cetteNation rendue à elle-même, à son sang-froid, à ses réflexions,après le dénouement tragique, qui venoit de faire pâlir d’effroitous les citoyens. Ce n’est qu’ainsi que l’on connoîtra les vraiscomplices du crime de Cromwel, l’impreffion qui suivit cettescène d’horreur & les ressources de l’infortunée maison deSmart, dans le caractère même du peuple , & dans la fidélitéglorieuse & persévérante de la Noblesse. Charles I obtintaprès fa mort, des regrets de cette Nation dont il reçoitaujourd’hui une espèce de culte. Les larmes coulèrent dansle secret, parce que, sous les yeux du farouche Cromwel,tout s’observoit, comme Tacite le dit de Domitien , touts*écrivoìt jusqu’aux soupirs.

En voyant les hautes qualités de ce fameux Chef de parti ,tour-à-tour politique profond , Général expérimenté, Admi-nistrateur habile, on éprouve une admiration triste & pénible,par le regret que donne l’abus criminel de tant d’avantages.Cromwel jugeoit fa Nation, il sentoit qu’après les coupsqu’il venoit de frapper , la plus grande partie du peuplesecoueroit ses chaînes, & protesteroit en faveur de l’autoritélégitime.

Déja en effet Charles II proclamé solemnellement en Ecosse,

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