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voyoit un peuple fidèle se ranger sous ses drapeaux. LesGénéraux Anglois étoient forcés de lui céder le terrein, lescorps se rapprochaient de lui ; &, quoiqu’ils l’humiliassentétrangement par le prix qu’ils mettoient à leur soumission»quoique ce Prince eut plus d’une fois à rougir de ses sacri-fices , fa route, quelque escarpée qu’elle fut, le ramenoit•au trône : une ou deux victoires eussent suffi pour l’y réta-blir, & tout le prestige dé Cromwel fut tombé avec la fortunede ce Héros du fanatisme. Mais Cromwel sçait se défier à prcnpos d’une autorité qu’il ne doit qu’a la violence, il sent toutle besoin qu’il a de l’opinion. Ici on le voit en Chaire,Apôtre illuminé, déployer toute la sollicitude de l’Épiscopat,régler les fêtes, ordonner de la Liturgie, prescrire avec toutle feu de l’enthoufiasme la sanctification des Dimanches. Là,dans le secret du cabinet, il pèse l’influence des différentes-Couronnes de l’Europe , il évalue les alliances , il se faitdes amis , comme on le difoit alors de lui , pour se préparerdes victimes à sacrifier au besoin ; c’est ainsi que, pour gagnerla France, dont il vouloit recevoir un Ambassadeur, il ne•craignit point, lorsqu’il se sentit assez fort, de mortifier l’Es-pagnol, qu’il força de céder le pas au Président de Bordeaux.Tantôt Chef de la Justice, & dé fait, Dictateur suprême, ilordonne la proscription des Stuarts, il abbat la Noblesse, il.n’épargne pas plus le Parlement dont il soupçonne la fidélité.
En effet, mille chevaux, dans un clin-d’œil, investissent lePalais, il y entre au bruit d’une Musique Guerrière, harangueavec fierté les Juges , leur enjoint, au nom de Farmée, de seséparer. Au premier signe de résistance , les Soldats s’em-parent des Sénateurs, les chassent deux à deux au milieudes railleries les plus insultantes, Cromwel prend les clefsde la salle , & fait écrire sur la porte Maison à louer. Lanouvelle République- n’a plus d’autres pères de la Patrie