( 127 >
OLIVIER CROMWEL REFUSE LE TITRE p*ot EC -DE ROI t & accepte celui de Protecteur (en 1657)* T °ÔLmEii
En violant toutes les Loix, la Nation Angloise avoit perdu Crom '*' ei «sa base ; &, dans Fessai de toutes les formes de Gouvernement,elle se voyoit en proie à tous les désordres de l’anarchie.
Cromwel, qui s’étoit joué de tous les partis, les combattoit,les humilioit & les détruisent l’un par Fautre. Quel maître enpolitique, que le puissant génie , qui , voulant se créer &organiser en quelque sorte un nouveau monde, soumis entout à ses impressions, fçut choisir ainsi les élémens deson ouvrage, leur donner un mouvement combiné d’aprèsses vues, balancer leur action , établir & rompre à son gréleur équilibre, les réduire à n’avoir plus de force & d’activitéque par son souffle ?
Par les Presbytériens, il avoit humilié la Cour, le Clergé &la Noblesse ; il combattit ceux-là par les Indépendans. LeParlement avoit tout fait pour son autorité, bientôt il écrasapar sa milice cette Puissance, q ni ne pouvoit que lui êtreodieuse. Les Communes elles-mêmes, si fières de planer unmoment fur tous les pouvoirs & fur tous les partis, ne furentplus qu’une poignée d’esclaves, qui fléchît à son tour sousle nouveau joug. C’est par cette force motrice & cette puis-sance inouie jusqu’alors, qu’il résulta du conflict de tous lespartis un tempérament, un état de calme, qui permit à cehardi Réformateur de tout oser.
Cependant , comme il falloit présenter au peuple le simu-lacre au moins d’une République, Cromwel, tantôt en Chaire& tantôt en priere, toujours prêt à se montrer sous la cuirasse»crut qu’au degré d’avilissement où il avoit réduit la Nation,une inspiration annoncée lui sufflsoit pour maîtriser les esprits*.