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Tome II.
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Appuie des Millénaires, espèce d’Illumínes qui fondoient toutedomination fur la Grâce, & n’accord oient la Grâce qu’à l’exté-rieur de la piété , tout-à-coup il fait paraître au milieu deLondres, cent trente-neuf hommes, comme autant d’envoyésde la Providence , qui ne les a choiíì la plupart dans la liedu peuple , que pour se réserver la gloire de leur établisse-ment. C’est au nom du Ciel qu’il les investit de l’autoritésuprême, & qu’en langage prophétique , & par l’abus le plusimpudent des Saintes-Écritures, il assigne à cette Commissiondes Saints , ( car c’est ainfi qu’il la présente ) sa mission , sesdevoirs & fa puissance. Et c’est devant ce fantôme de Répu- 'blique que se prosterne l’amant fanatique de la liberté !

Mais tout ce qu’un tel Gouvernement avoit de méprisable,entrait dans les vues de Cromwel, & consommoit son projet.II n’en avoit pas d’autre que de régner. Sa politique en méditales moyens; & ses manœuvres, toujours imposantes, toujoursefficaces, lui érigèrent au milieu de l’Europe un trône distin-gué de celui des autres Souverains, où, concentrant en lui seultous les pouvoirs d’un despote , il n’effaroucha point le peuplepar l’idée d’une monarchie, & s’affranchit de toute influence& des Grands & du peuple. Cromwel, TroteSeur , fut, fous cesimple titre, le maître le plus absolu qu’eussent reconnu lestrois Royaumes. '

Cet heureux Chef, qui comptoir fl fort sur l’enthouflasme,donnoit peu á la fortune, qui ne l’aveugla jamais. La maisonStuart, quoique errante dans les différentes Cours de l’Europe,n’avoit pu perdre ses droits, & trouvoit encore des appuisque lui donnoient ses vertus & la justice de fa cause. LaNoblesse, indignée de voir à sa place de vils fanatiques, n’atten-doit qu’un cri de ralliement pour se montrer; le peuple Anglois,dans un état d’oppreffion , tendoit, par le génie même desrévolutions, à briser des fers, qu’il n’avoit reçus que dans

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